La certification périodique : un nouveau cadre réglementaire
La certification périodique des professionnels de santé représente une avancée significative pour le maintien de la qualité des soins. Instituée par la loi du 24 juillet 2019 et complétée par l’ordonnance du 19 juillet 2021, cette obligation vise à garantir la mise à jour des compétences des praticiens. En décembre 2025, la publication des décrets n° 2025-1335 et n° 2025-1336 a permis de formaliser ce processus, apportant des précisions sur le contrôle professionnel par les ordres respectifs.
Ces décrets introduisent un encadrement strict concernant le contrôle ordinal, notamment sur la responsabilité des conseils professionnels. La mise en œuvre des référentiels de certification est annoncée pour début 2026, plaçant les professionnels dans une dynamique d’évaluation continue. Ce cadre réglementaire a pour objectif d’assurer non seulement une conformité légale, mais également une réforme qui semble s’inscrire dans une vision plus large de la réglementation sanitaire.

Les enjeux soulevés par cette réforme sont multiples. D’une part, elle vise à renforcer la confiance du public envers le système de santé en garantissant que les praticiens maintiennent un niveau de compétence adéquat. D’autre part, la centralisation des contrôles pourrait susciter des inquiétudes pour certains professionnels qui redoutent une rigidité excessive dans le processus de validation des compétences. En effet, la suppression annoncée de l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) pourrait transformer le paysage actuel du développement professionnel au sein des professions de santé.
Tout au long du processus, il est crucial de bien comprendre les implications de ces décrets et d’anticiper comment ces changements vont révolutionner le secteur. Les professionnels de santé doivent donc se préparer à adopter un système qui pourrait combiner accompagnement et régulation, une nuance essentielle dans cette réforme. Il sera indispensable de recevoir les formations adéquates pour naviguer dans ces évolutions.
Décret n°2025-1335 : mécanismes de contrôle ordinaire
Le décret n°2025-1335, publié à la fin décembre 2025, établit des principes clairs pour assurer un suivi continu des compétences des professionnels de santé. Selon ce texte, les ordres professionnels ont la responsabilité d’alerter les praticiens et leurs employeurs en cas de risques de non-respect du programme minimal d’actions requis pour la certification périodique.
Concrètement, les conseils professionnels vérifieront, dans un délai de six mois suivant la fin de la période de certification, si les actions de mise à jour des compétences ont bien été réalisées. Cette mesure vise à instaurer une chaîne de contrôle rigoureuse, et chaque professionnel aura alors à présenter des preuves tangibles de sa formation continue. Dans le cas où les preuves ne seraient pas suffisantes, l’ordre pourrait engager une procédure disciplinaire.
- Mécanismes de contrôle continu
- Alertes en cas de risque de non-respect des normes
- Validation des actions par les instances ordinales
Cette procédure est précisée par le décret, qui envisage des possibilités de sanctions en cas de manquements, créant ainsi un cadre où l’évaluation ne peut être perçue que comme un instrument d’amélioration continue. Cela représente un pas vers une professionnalisation accrue du secteur, orientée vers la qualité des soins.
Les outils numériques au service de la certification
La création du téléservice national « Ma certif’pro santé » s’inscrit dans cette logique de réforme. Ce dispositif va permettre un traitement numérique des données personnelles des professionnels, facilitant ainsi la traçabilité des actions de formation continue. Le ministère de la Santé a affirmé que cette initiative visait à simplifier les démarches administratives et à rendre compte des efforts déployés par chaque praticien.
Toutefois, la question de la surveillance accrue que cela engendre ne peut être ignorée. Les professionnels pourraient être perçus comme étant sous un microscope, où chaque action est scrutée. Ce changement apporte une nouvelle dimension au contrôle, qui a désormais une portée plus ample. En outre, l’existence de ce registre soulève des interrogations sur la préservation de la confidentialité des données personnelles.
| Aspects | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Centralisation des données | Facilitation des démarches administratives | Risques de surveillance excessive |
| Processus de recertification | Amélioration continue des compétences | Charge supplémentaire pour les professionnels |
| Contrôle ordinal renforcé | Assurance qualité des soins | Possibilité de sanctions |
La mise en œuvre de ce téléservice sera donc cruciale pour garantir à la fois l’efficacité du processus et le respect de l’éthique professionnelle. Les résultats de cette initiative dépendront largement de l’adhésion des professionnels de santé, qui devront s’approprier ces nouvelles technologies et les intégrer dans leur pratique quotidienne.

Un système en mutation : défis et perspectives
Les transformations apportées par la réforme du développement professionnel continu (DPC) sont déjà visibles, mais plusieurs défis restent à relever. La disparition de l’ANDPC, par exemple, soulève des préoccupations quant à la continuité des services et des missions. Dans un paysage en pleine évolution, les motifs de mécontentement des syndicats, exprimés depuis plusieurs années, reflètent de réelles inquiétudes sur la gouvernance du DPC.
Les décrets récents laissent entrevoir des perspectives enrichissantes. Si l’intention est de garantir une qualité accrue des soins, il reste à définir les contours de la gouvernance de ce dispositif. Qui sera responsable de la certification, du contrôle et de l’organisation des référentiels de formation ? Ces questions, qui posent de véritables enjeux de clarté, ne doivent pas être négligées.
Un exemple concret : la formation continue des kinésithérapeutes
Un exemple récent peut illustrer les implications pratiques de cette réforme : la formation continue des kinésithérapeutes. Ces professionnels sont désormais soumis à des obligations de certification qui leur imposent de suivre des parcours de formation certifiants. La justification de ce suivi par l’ordre professionnel met en exergue l’importance de maintenir un niveau de compétence conforme aux standards d’exercice. Cependant, cela a aussi été source de tensions, car certains praticiens estiment que ces exigences ajoutent une charge bureaucratique supplémentaire à leur pratique.
Des actions de sensibilisation et de formation doivent donc être mises en place pour garantir une transition fluide vers ce système. La perception que la certification périodique pourrait se diriger vers un système plus rigide doit être atténuée par un véritable accompagnement, afin que les professionnels puissent percevoir cette réforme comme un levier d’amélioration et non comme une contrainte.
Réflexions sur la certification périodique et son avenir
À travers ces réformes, il est primordial de réfléchir à l’éthique de la certification. Bien que l’objectif soit de garantir des soins de qualité, il convient de se demander si les conditions d’évaluation et de contrôle respectent effectivement cette exigence qualitative. Les pratiques doivent être clarifiées pour permettre une évaluation objectivable des compétences qui n’entrave pas l’exercice professionnel.
L’accent doit également être mis sur l’accompagnement des professionnels durant cette période de réforme. Une communication transparente sur les objectifs et les processus sera essentielle pour assurer l’adhésion des praticiens. De même, des formations adaptées devront être mises en place pour permettre à chacun de se familiariser avec les nouvelles exigences.
Dans le cadre des discussions à venir, il sera important d’impliquer tous les acteurs du système de santé, pour construire un dispositif qui reflète véritablement les attentes des professionnels, tout en répondant aux exigences de qualité imposées par la société.
